“L’âge de Dracula, les pays roumains du XVème siècle”

Conférence animée par Matei Cazacu, Directeur d’études à l’école pratique des Hautes études, « l’âge de Dracula, les pays roumains du XVème siècle »

Peu de personnalités de la fin du Moyen Âge sont mieux connues que le célèbre prince Dracula du roman de Bram Stoker et ses infinies refontes littéraires ou cinématographiques. Mais peu sont en même temps plus défigurées, vampirisées voire  diabolisées que lui : autant dire que le Dracula historique, le prince roumain Vlad III de Valachie n’a presque rien en commun avec son avatar fictionnel. Sa cruauté, répugnante il est vrai, n’avait rien à envier à d’autres souverains de l’époque, et relevait tout simplement de la manière de gouverner propre à son époque.

Allant au-delà des lieux communs, en nous appuyant sur les sources authentiques, nous allons tenter de redécouvrir au-delà du mythe le personnage historique et son époque dans toute leur complexité. Son nom qui fait frissonner dérive tout simplement de l’appartenance de son père, Vlad II, à l’Ordre du Dragon fondé par l’empereur Sigismond de Luxembourg pour combattre l’expansion ottomane. Homme politique formé à l’époque des dernières croisades opposées au jihad ottoman, il est en fait élevé à la cour ottomane et se voit imposer à la tête de la Valachie par le sultan en 1448. Revenu une deuxième fois sur le trône en 1456, il s’affirme que le héros d’une tentative presque réussie de sauver l’indépendance de son pays en affrontant ouvertement Mehmed II, le conquérant de Constantinople, en 1462. Victime à la fois de son frère Radul et d’une des premières campagnes de désinformation (« fake news ») lancée au début de l’époque moderne par le roi Matthias de Hongrie, prisonnier politique, Vlad rebondit, épouse la cousine du roi et retourne sur le devant de la scène en combattant de nouveau avec succès les Ottomans en 1476, avant de succomber seulement face à la trahison des siens…

Il n’en a pas moins pour autant fondé une lignée qui compte plusieurs princes voire des évêques, à tel point que même le prince Charles de Wales, l’héritier de la reine Elisabeth II, s’en revendique avec fierté. Nous avons là tous les ingrédients de ce qu’on pourrait appeler le vrai roman de Dracula…

18h30 –  Gratuit sans réservation
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